Chapitre

Chapitre 5

Faut-il opposer l’œuvre d’art aux objets techniques?

Certaines œuvres ont la particularité d’être admirées pour l’exploit technique qu’elles représentent aussi bien que pour leur beauté esthétique. La tour Eiffel, les sept merveilles du monde antiques, ou la contrefaçon parfaite d’un tableau de grand maître, par exemple.
 
Mais si la frontière entre l’œuvre d’art et les objets techniques n’est pas clairement établie, la technique ne risque-t-elle pas de prendre la place de l’art en imposant aux œuvres ses propres exigences, ses propres normes? Ainsi en va-t-il aujourd’hui de l’industrie du cinéma, de la musique ou du livre qui fabriquent des objets de consommation faits pour le divertissement et le commerce plus que pour la beauté de l’art. 
 
Le problème de la frontière indiscernable entre l’œuvre d’art et les objets techniques pose donc finalement la question d’une existence humaine qui se contenterait d’une culture du loisir et du divertissement qu’imposerait la technique au détriment d’une culture fondée sur le goût de l’art. On pourrait illustrer l’enjeu en généralisant à l’art cette citation de Nietzsche : « Sans musique, la vie serait une erreur » (Crépuscule des idoles, Maximes et pointes, § 33) 

Pages en rapport avec ce chapitre