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Extrait à étudier

Car il ne s’agit pas seulement ici du succès de la spéculation, mais de la condition et de la destinée humaines. En effet, l’homme, ministre et interprète de la nature, n’étend ses actions et ses connaissances, qu’à mesure de ses observations sur l’ordre de la nature, en s’appuyant sur les œuvres ou sur l’esprit. Il ne sait ni ne peut rien de plus. Et il n’existe aucune force qui puisse arrêter ou briser la chaîne des causes ; et on ne triomphe de la nature qu’en lui obéissant.

La main seule et l’entendement abandonné à lui-même n’ont qu’un pouvoir très limité ; ce sont les instruments, et les autres genres de secours qui font presque tout, secours et instruments non moins nécessaires à l’esprit qu’à la main ; et de même que les instruments de la main excitent ou règlent son mouvement, les instruments de l’esprit l’aident à saisir la vérité ou à éviter l’erreur.

La science et la puissance humaine se correspondent dans tous les points et vont au même but ; c’est l’ignorance où nous sommes de la cause qui nous prive de l’effet ; car on ne peut vaincre la nature qu’en lui obéissant ; et ce qui était principe, effet ou cause dans la théorie, devient règle, but ou moyen dans la pratique

Francis Bacon, Novum Organum, I, 124.

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